Sites remarquables

La vallée des moulins

La vallée des moulins creusée par le Poult, est enjambée par un viaduc de 242 m de long et 32 m de haut, emprunté jadis par le petit train appelé le Tue-vacques. Ce viaduc a permis la desserte du Val de Saire par voie ferrée, donnant ainsi la possibilité aux producteurs et pêcheurs, d’acheminer leur production vers Cherbourg, au début du XXème siècle.
Le nom de cette vallée vient du fait que celle-ci était un site industriel important, dédié à l’activité meunière. Pas moins de 7 moulins y étaient installés pour la production de farine de blé, de sarrasin, d’huile de noix. De nos jours, certains moulins sont encore visibles mais sont devenus des habitations privées.

Le Cap Lévi (Kapelwick)

Cette zone s’étend sur environ 213 ha sur les falaises et l’estran de la commune.
Le Cap Lévi correspond à un cap rocheux pointé vers le nord, fortement battu par la mer et les vents. Il abrite de part et d’autre une succession d’anses caractérisées par un cordon de galets et de sables grossiers.

Les abords du Cap Lévi se prêtent à l’étude des populations animales, les fonds environnants constituant une zone de reproduction de nombreuses espèces marines, dont certaines plutôt rares sur nos côtes. C’est le cas notamment d’une petite étoile de mer (asterina gibbosa) inconnue en Manche orientale, ou encore le peu commun neorophis ophidion, poisson inféodé aux fonds rocheux.

Le fort du Cap Lévi

construit sous le Premier empire, il fut érigé à partir de 1801 à la demande de Napoléon afin de protéger le cabotage dans la vaste rade de Cherbourg, en mettant les navires à l’abri de son artillerie et de défendre le port Lévi. Cette batterie semi-circulaire de 35 mètres de diamètre équipée de deux bouches à feu de 24 constituait, avec 11 autres batteries, les défenses des côtes du Cotentin contre la marine britannique.
Plusieurs fois remanié mais toujours inachevé, il n’a déjà plus de rôle défensif au début du XXe siècle. Il reprendra du service au cours des Première et Seconde guerres mondiales. Réquisitionné en 1940 puis bombardé, il est en ruine, lorsqu’il est acheté en 1953. Le côté droit abîmé l’aurait été lors d’un mitraillage d’aviateur britannique revenant d’une action de bombardement sur le radar de Maupertus et souhaitant rentrer à vide au Royaume-Uni.

Félix Amiot, propriétaire d’un important chantier naval cherbourgeois y aménage une résidence de prestige dans laquelle il reçoit ses hôtes de marque. Ce sont ces aménagements qui subsistent aujourd’hui.
Implanté au coeur du littoral naturel du Val de Saire, le site devient en 1990, propriété du Conservatoire du littoral
Le Fort Lévi est la seule construction importante du premier Empire de la côte Nord du Cotentin.

Un sémaphore du 19ème siècle

un peu en retrait du bord de mer, le sémaphore construit sous le Second Empire (1861-1862) est bâti sur l’emplacement d’une ancienne vigie du règne de Louis XVI, avec pour mission de surveiller le trafic maritime. Désaffecté dans les années 90, il a retrouvé récemment un usage en lien avec sa vocation initiale : c’est un site ouvert au public, la visite y est guidée et présente, entre autre, une exposition sur l’histoire des sémaphores, lieux qui gardent tout leur mystère pour le grand public.
Ce site est géré par le Service des sites et Musées du Département de la Manche.

Le phare du Cap lévi

 

Avant 1944

la présence de hauts-fonds et de courants puissants a rendu nécessaire la construction d’un phare au 19 siècle pour protéger la progression des navires vers le port de Cherbourg. Le premier phare est bâti sur les plans de J de Serry entre 1854 et 1858. La tour carrée en granit gris s’élevait à 31 mètres. Détruit en 1944, le vieux phare a été remplacé en 1947 par une tour de 36 mètres de haut, de style Art Déco,

 

Depuis 1947

les dessins des architectes Levasseur et Chauliat. La nouvelletour est plus petite (28 mètres contre 31), mais a été construite à 2 mètres de plus au dessus de la mer. Son feu à éclat rouge produit par une lampe de 1500 watts lance un rayon lumineux toutes les 5 secondes, perçu jusqu’à 40 km. Le phare est automatisé depuis 1990.

Le port du Cap lévi

Le Port Lévi

A l’époque gallo-romaine il est certain que ce port était un lieu d’intense activité humaine. Les Romains ont utilisé le port du cap Lévi comme lieu de transit pour l’Angleterre. Leur présence est bien attestée par diverses trouvailles : entre 1783 et 1788, des centaines de médailles romaines à l’effigie de Trajan et de Marc-Aurèle ont été découvertes à l’anse du brick.

Caravelle-Navire du 16eme siècle

Sur le plan évènementiel, le Moyen Age en Cotentin est marqué par les pillages puis la domination normande, le rattachement de la province à la France et les guerres anglo-françaises. Pendant cette période troublée, le Val de Saire est un lieu de passage : on sait que le 18 août 1177, Henri II Plantagenêt roi d’Angleterre, a accosté à Cap Lévi avec 200 chevaliers anglais pour se rendre en Terre Sainte.

Henri II Plantagenet

L’époque moderne est beaucoup plus riche en archives et son histoire est de ce fait beaucoup mieux connue. Le site de Cap Lévi servait de port d’échouage depuis un temps immémorial. Au 16 siècle, le port abrite des navires corsaires et Gilles de Gouberville, petit seigneur rural, ingénieur des eaux et forêts, évoque un navire flamand qui se trouve “à cap Lévi”.

Les digues du port

C’est en 1654 que le Sir Avice, seigneur de Fermanville, demande au roi de faire construire un port au cap Lévi, preuve de la forte activité du lieu. Une première digue est achevée vers la fin du siècle, mais bientôt détruite par la mer. Bien que les navires aient continué de s’y réfugier, ce n’est qu’en 1786 qu’un nouveau port (jetée + quai) est édifié par la compagnie Boulabert dans le but de rendre plus sûr l’embarquement des blocs de granit destinés à la construction du port de Cherbourg. Mais de nouveau la tempête aura raison de la jetée en 1806 et le port ne tardera pas à s’ensabler. Les travaux ne reprendront qu’en 1861-1866 (restauration du quai et allongement de la jetée) puis en 1877-1880 (deuxième jetée de 139 m), donnant au port son aspect actuel.
Ceci au moment même où l’activité maritime commençait à décroître alors qu’au 18 siècle le port recevait des bâtiments de plus de 100 tonneaux (1 tonneau=2.83 m3) et que la pêche aux huîtres était florissante.

Le Port Pignot

A l’initiative ce Charles PIGNOT (carrier lillois), un deuxième port voit le jour en 1889 à l’Est du cap Lévi pour assurer le transport de la pierre extraite de la carrière. Il est actuellement l’un des plus petits de France.
Ce port est situé dans une zone naturelle, à proximité de terrains du Conservatoire du Littoral. Cet endroit qui comporte une carrière est un haut lieu préhistorique, et fut même un temps considéré comme l’un des premiers établissements humains en Europe. Même rajeunie à – 200 000 ans, la carrière Pignot reste le plus ancien témoignage de l’occupation humaine dans la Manche

Le Port Pignot est l’un des deux sites importants du début du Paléolithique moyen qui ont été découverts à ce jour : l’un en 1978, le second en 1979 à la Roche Gélétan (Saint-Germain-des-Vaux dans la Hague). Ils se trouvent sur des plages fossiles actuellement situées à 10 m au dessus du niveau de la mer. Ils datent approximativement de la même période (c.-250 000) et comportent des niveaux d’occupation successives. On y a découvert des limites de cabanes, des foyers et des zones de débitage de pierres. Le foyer fermanvillais est au musée de Caen.Le port pignot, lieux d’implantation d’une carrière de granite rose.Le granite rose de Fermanville du être extrait localement avant d’être produit de façon industrielle à partir de la fin du XVIIIème siècle. Le principal débouché semble avoir été la construction de la grande rade de Cherbourg. Outre le port de Cherbourg, le granite de Fermanville a fourni la matière à de nombreux édifices : cale de la compagnie générale transatlantique, phare de Gatteville, frontispice des magasins Printemps à Paris, obélisque de Utah Beach, et même plusieurs secteurs des fameux pavés du Paris-Roubaix.

Les landes du Brulay

Les landes du BrulayLes landes du BrulayCet espace naturel, réparti sur trois communes, très fréquenté par les adeptes des sports nature (VTT, randonnée) accueille une réserve naturelle. Un pâturage mixte caprin/équin a été choisi pour assurer à la fois des phases de restauration et d’entretien. Le Conservatoire du littoral est actuellement propriétaire de 239 hectares, l’objectif étant d’en acquérir 306 ha.

Ce site sauvage a fait l’objet d’une occupation humaine, pour preuve les nombreux chemins creux très anciens qui sillonnent la lande. Certains de ces chemins menaient à des ruisseaux ce qui permettait de pratiquer le rouissage des plantes textiles : le lin – utilisé pour les vêtements et la fabrication des voiles pour les bateaux – et le chanvre, matériaux utilisé pour la confection des cordages pour les besoins de la marine à voile. D’autres chemins pénétraient dans le bois de Maupertus grâce à des droits d’usage, panage du porc ou ramassage du bois. Certains habitants coupaient la bruyère et l’ajonc de la lande afin de l’utiliser comme bois de chauffage.

La lande faisait l’objet d’une exploitation agricole, on y faisait paître des chèvres et des moutons. Des toponymes tels que “Mont des chèvres” et “chemin des roussins (moutons) évoquent une activité pastorale ancienne. La preuve la plus tangible de la présence de l’homme sur la lande est le réseau de murets qui existe encore de nos jours et qui indiquent une activité rurale. Ces murets, qu’ils soient composés d’énormes blocs ou de petites pierres, modèlent et structurent le paysage actuel et lui confèrent un caractère authentique de “pays”. C’est un élément important du patrimoine rural ancien.

Sites mégalithiques et autres découvertes

La sépulture de Fermanville ou allée couverte ?

Plan de la sépulturePlan de la sépultureLe site se trouve sur la commune de Fermanville, entre la pointe de Fréval et le Fort Joret. La structure se situe dans une parcelle privée, terrain dominant légèrement la plage. Ce site a vraisemblablement été protégé de l’érosion marine par un enrochement naturel. La sépulture domine l’anse de la Saline et est orientée grossièrement nord-sud.

La disposition générale des pierres encore en place laisse à penser que l’on pourrait être en présence d’une allée couverte. Les dimensions de la sépulture sont d’environ cinq mètres (pour la principale zone de pierres, en couleur sur le plan) de long pour une largeur maximum, dans la zone la plus renflée, d’environ deux mètres quatre vingt. Les pierres les plus hautes font un mètre. Quelques autres pierres se trouvent dans le prolongement nord de la structure, la plupart font penser à un affleurement rocheux, mais peut-être s’agit-il de pierres éparses liées à la sépulture. En l’état actuel il est impossible de préciser le type de monument, s’agit-il d’une allée couverte à entrée latérale comme celles de Bretteville-en-Saire?

La barque médiévale

La mer se déchaîne à FrévalLa mer se déchaîne à FrévalEn 1968, les grandes marées ont mis au jour les éléments d’une barque médiévale ensevelie dans le sable de la pointe de Fréval. D’après les fouilles effctuées, cette barque de 18 mètres de long sur 6 de large date du début du VII siècle. Elle a vraisemblablement été tirée sur le rivage pour y servir de sépulture à un personnage important. Entre les XIIe XVe siècles, la barque a été pillée à plusieurs reprises. Il s’agit du seul témoignage des techniques maritimes du Haut Moyen Âge découvert en France avec celui que constitue la barque viking de l’île de Groix, découverte en 1906. (signalons la découverte vers 1905 de deux squelettes humains quasiment au même endroit)

Autres sites archéologiques

D’autres monuments ont été mis à jour à Fermanville, tel le Rond des Sorcières (monument datant vraisemblablement du néolithique), au bord du ravin des Hauvetteries dans le bois des Trois Sapins, ou encore, le gisement préhistorique sous-marin du Biéroc.

Carte archéologique

Ethymologie

Le terme « Cap » a souvent étonné, étant donné que le Cap Lévi mériterait au plus le nom de « pointe ». En effet, le Cap Lévi est une avancée de terre relativement modeste. Dès lors, pourquoi l’utilisation du mot « cap » ? Le linguiste normand René Lepelley avance une explication séduisante.

Selon lui, la première mention du lieu se trouverait dans un texte du XII siècle indique que Henri II, roi d’Angleterre et duc de Normandie, débarque dans son duché à Kapelwick, ce qui a donné par métathèse *Caplévy, puis Cap Lévi. L’élément Kapel est sans aucun doute une graphie du normand capelle forme dialectale de chapelle au nord de la ligne Joret. L’élément wick procède de l’ancien Scandinavevik qui signifie « anse », qui est fréquent sur les côtes du Cotentin seul ou en composé ( la plage du Vicq, le havre de Houlvi, l’anse de Brévy, le Havre de Plainvic, le rocher de Vauvy ) et un quartier du Havre : Sanvic. Les Normands étaient effectivement d’excellents navigateurs et, pour se repérer, ils donnaient des noms à des points aisément identifiables de la côte. « Cap Lévi » signifierait donc « anse de la chapelle », ce qui est relativement paradoxal. Le terme « vik » désigne en scandinave un mouillage sain permettant une progression rapide vers l’intérieur des terres. Un vicq est donc un lieu de débarquement privilégié en vue de raid, surtout si une chapelle se trouve à proximité.

On peut donc s’interroger sur la localisation de cette anse de la Chapelle. Pour René Lepelley, il ne fait pas de doute que cette anse est l’actuel petit port de Fermanville. Des archéologues y ont trouvé des traces de peuplement ancien ainsi une voie romaine y aboutissant. Pour les Fermanvillais, cette explication n’est pas satisfaisante. En effet, si l’on part de la définition de Lepelley, cette anse devrait être accueillante et favoriser l’avancée d’une troupe. Or l’anse qui abrite le port de Fermanville est orientée à l’ouest, ouverte à la houle et aux vents dominants. De plus, le fond de l’anse est couvert de rochers et ses abords sont peu sûrs. Donc un endroit peu accueillant à première vue. Enfin, la progression vers l’intérieur des terres est rendue difficile par les nombreux accidents de terrain qui jouxtent le port.

Une autre thèse est donc de localiser cette anse de la Chapelle à l’anse de la Mondrée, à l’est du Cap Lévi. Il s’agit d’une longue plage de sable protégée des vents d’ouest par le Cap Lévi. Il y a peu de ressac. De plus, un raid vers l’intérieur des terres est facilité en suivant le vallon du ruisseau qui se jette à la Mondrée. Une autre portion de la voie romaine venant d’Alauna (Valognes) aboutit également à la Mondrée. Enfin, l’extrémité ouest de la plage, au contact direct de cap Lévi, est appelée le « Câtel », sans qu’aucune preuve de l’existence d’un petit château n’ait pu être produite. « Câtel » pourrait être la déformation de « capel ».