Le Port du Cap Lévi

Le Port Lévi

A l’époque gallo-romaine il est certain que ce port était un lieu d’intense activité humaine. Les Romains ont utilisé le port du cap Lévi comme lieu de transit pour l’Angleterre. Leur présence est bien attestée par diverses trouvailles : entre 1783 et 1788, des centaines de médailles romaines à l’effigie de Trajan et de Marc-Aurèle ont été découvertes à l’anse du brick.

Sur le plan évènementiel, le Moyen Age en Cotentin est marqué par les pillages puis la domination normande, le rattachement de la province à la France et les guerres anglo-françaises. Pendant cette période troublée, le Val de Saire est un lieu de passage : on sait que le 18 août 1177, Henri II Plantagenêt roi d’Angleterre, a accosté à Cap Lévi avec 200 chevaliers anglais pour se rendre en Terre Sainte.

L’époque moderne est beaucoup plus riche en archives et son histoire est de ce fait beaucoup mieux connue. Le site de Cap Lévi servait de port d’échouage depuis un temps immémorial. Au 16 siècle, le port abrite des navires corsaires et Gilles de Gouberville, petit seigneur rural, ingénieur des eaux et forêts, évoque un navire flamand qui se trouve “à cap Lévi”.

Les digues du port

C’est en 1654 que le Sir Avice, seigneur de Fermanville, demande au roi de faire construire un port au cap Lévi, preuve de la forte activité du lieu. Une première digue est achevée vers la fin du siècle, mais bientôt détruite par la mer. Bien que les navires aient continué de s’y réfugier, ce n’est qu’en 1786 qu’un nouveau port (jetée + quai) est édifié par la compagnie Boulabert dans le but de rendre plus sûr l’embarquement des blocs de granit destinés à la construction du port de Cherbourg. Mais de nouveau la tempête aura raison de la jetée en 1806 et le port ne tardera pas à s’ensabler. Les travaux ne reprendront qu’en 1861-1866 (restauration du quai et allongement de la jetée) puis en 1877-1880 (deuxième jetée de 139 m), donnant au port son aspect actuel.
Ceci au moment même où l’activité maritime commençait à décroître alors qu’au 18 siècle le port recevait des bâtiments de plus de 100 tonneaux (1 tonneau=2.83 m3) et que la pêche aux huîtres était florissante.